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Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny

de Bertolt BRECHT.
Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, Bertolt BRECHT.
GRANDEUR ET DÉCADENCE DE LA VILLE DE MAHAGONNY
de Bertold brecht
adaptation de ODRI K.

«Le capitalisme est le racket legitime organisé par la classe dominante.»
AL CAPONE

La ville Mahagonny où se situe la tragique pièce de Brecht est une caricature symbolique de la liberté. Elle est décrite selon l'imagination d'un européen dépeignant les USA à l'époque de la ruée est vers l’or. Mahagonny est fondée et peuplée par des aventuriers, des criminels, des proxénètes et des prostituées et symbolise le concept de liberté d'une manière capitaliste.

Cette pièce est présentée pour la première fois à Berlin en 1927 puis dans sa version définitive, en mars 1930. Cet opéra (musique de Kurt Weill) créa une polémique : l'œuvre fut reçue comme ambivalente. Les propagandistes du National-Socialisme la qualifient de “dégénérescence” émanant du “bolchevisme culturel”.


En 1933, Brecht quitte l'Allemagne après que ses livres furent brûlés dans l'autodafé des nazis contre “l’art décadent”. Il connaît la vie des émigrés, changeant souvent de pays, en Europe, avant de s'installer, en 1937, aux USA où il rejoint son ami et associé, Kurt Weill. Contrairement à ce dernier, la carrière de Brecht peine à s'envoler : s'il est très productif, ses pièces alimentent la controverse - le socialisme de Mahagonny dérange aux USA. En 1947, inquiété par la commission des activités anti-américaines, Brecht quitte les USA et s'installe à Berlin-Est, où il assure (jusqu’à sa mort en 1956) la direction du Berliner Ensemble - troupe qu'il a fondé avec la célèbre actrice Hélène Weigel, son épouse et qui est active jusqu'à maintenant. Brecht souhaite “participer aux efforts pour construire, en RDA, une société nouvelle”. Cependant, Mahagonny est à nouveau écartée des scènes par la censure à qui la pièce apparaîtra comme un manifeste anarchiste et de l’amoralité, tendance portée par un personnage de travailleur - élément aggravant pour la censure.

Si Mahagonny est une satire anticapitaliste de la société, elle s'est éloigné de la ligne socialiste, selon le marxiste stalinien, et l'œuvre ne sera jamais jouée du côté Est du rideau de fer. Paradoxalement, c'est en Europe de l'Ouest que l'œuvre de Brecht rencontre le succès.



Avec les comédiens adultes de la troupe (en alternance) : Adeline Colomb (Léocadia Begbick), Jean Bremont (Tobbie Higgins), Thibaut Cartier & Luc Badier (Moïse-la-trinité), Yves Rouillé & Joachim Clé (Fatty-le-fondé-de-pouvoir), Cécile Fréchou & Laura Moreau (Jenny), Sophie Bayle & Karin Fredholm (Jessie), Coralie Géré & Hélène Gauthier (Jackie), Chadia Mekki & Cécile Fréchou (Jane), Eric Veillé & Erwan Caimant (Jimmy Mahoney), Fabien Leborgne & Duc-Mân Nguyen (Joe-le loup-d'Alaska), Matthieu Richard & Raphaël Joubert (Billy-tiroir-caisse).

mise en scène : ODRI K.
son & lumière : Didier LE GRALL
costumes : Joséphine LE GRALL
maquillages : Véronique REINA & Gwendoline POITEVIN
décors & accessoires : Alain LAVIT
graphisme & web : Paul CALLIGRAFI & Adeline COLOMB


Avertissement à notre aimable public :

- Les réservations sont obligatoires. Les billets sont à retirer à l'accueil, 30 minutes avant la représentation.

- Le spectacle commence à l’heure exacte. Les retardataires ne pourront pas être admis.

- Photos et films ne sont pas autorisés. Les téléphones portables doivent être éteints.

- La politique tarifaire de l’association vous donne la faveur d’un tarif unique à 13€ la place.

- La buvette est ouverte avant et après le spectacle.


Quelques repères biographiques :

- 10 février 1898 : naissance de Bertolt Brecht, à Augsbourg en Bavière, dans une famille bourgeoise. Il sera élevé dans la religion protestante.

- 1913-1916 : Après avoir écrit des poèmes patriotiques, il rejettera le militarisme autant que la religion. Dans une dissertation, il critique la notion de mort héroïque et s'en prend à la propagande. Désormais, la guerre sera le thème majeur de son œuvre.

- 1917-1918 : Brecht entreprend des études de philosophie, puis de médecine à l'Université de Munich. Enthousiasmé par le théâtre de Frank Wedekind, il écrit «Baal».

- 1919 : Mobilisé en octobre, il met tout en œuvre pour échapper au front et devient garde-malade dans un hôpital militaire. En Janvier, suite à l’assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, Brecht s'intéresse de très près au mouvement spartakiste (violemment réprimé). Il écrit «La noce chez les petits-bourgeois» et «Spartakus» (Tambours dans la nuit).  Les œuvres de cette époque cherchent à réfléchir la situation nouvelle de l'individu et de la civilisation après la sauvagerie de la première guerre mondiale. En juillet : naissance de son fils qu’il nomme Frank Wedekind - sa mère est Paula Banholzer.

- 1920 : Il vit entre Augsbourg, Munich et Berlin. Á Munich, il anime des cabarets et fréquente l'humoriste Karl Valentin.

- 1922 : 13 novembre. Il reçoit le Prix Kleist pour ses pièces «Tambours dans la nuit» (Spartakus), «Baal» et «Dans la jungle des villes». La même année, il épouse Marianne Zoff.

- 1923 : Brecht quitte Munich pour fuire les «chemises brunes». Naissance de sa fille Hanne (sa mère est Marianne Zoff).

- 1924-1929 : Après son installation à Berlin (dramaturge au Deutsches Theater), il vit avec Hélène Weigel, qu'il épousera en 1929, et dont il a deux enfants, Stefan et Barbara. Il commence à lire Marx. Encouragé par le philosophe Walter Benjamin, Brecht élabore sa théorie du théâtre épique. Au printemps 1927, il rencontre le compositeur Kurt Weill (1900-1950), avec qui il travaille sur les  Chants de «Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny» (jouée pour la première fois la même année à Baden-Baden). Brecht collabore avec le metteur en scène Erwin Piscator. Il fait partie du collectif qui adapte pour la scène les «Aventures du brave soldat Chveïk» de Jaroslav Hasek. Le spectacle, fameux, mis en scène par Piscator, avec des projections de George Grosz sera donné pour la première fois le 28 janvier 1928.

- 1930 : Naissance de sa fille Barbara (sa mère est Helene Weigel).

- 1933-1939 : Hitler devenu chancelier, Brecht décide - comme Weill, Eisler, et tant d'autres - de s'exiler. Il quitte Berlin le lendemain de l'incendie du Reichstag (28 février 1933). Ses œuvres sont interdites et brûlées (10 mai 1933) par les nazis. Déchu de la nationalité allemande, il devient apatride et  vivra successivement à Prague, Vienne, Paris, Zurich et s'installe à Copenhague jusqu’en1939, puis en Suède, jusqu'en avril 1940, puis en Finlande.

- 1940-1945 : Brecht et sa famille quittent la Finlande (mai 1941) pour les Etats-Unis - ils s'installent à Santa Monica, près de Hollywood. Il y rencontre Charlie Chaplin ainsi que d'autres émigrés allemands comme Fritz Lang, Schönberg, Thomas Mann, Adorno et y retrouve ses amis  Piscator, Grosz, etc. Le 13 novembre 1943, son fils Frank meurt sur le front russe.

- 1947 : Le 30 octobre, Brecht comparaît devant la Commission des activités anti-américaines (maccarthysme), à Washington. Le lendemain, il quitte les États-Unis pour la Suisse.

- 1948-1949 : Il vit à Zurich et envisage un moment de s'installer en Autriche (dont il obtiendra la nationalité), mais s'installe finalement à Berlin-Est en juin 1949.

- 1954 : A Berlin-Est, il fonde avec Hélène Weigel le Berliner Ensemble. Il entretient des relations contradictoires avec le gouvernement est-allemand. Vitrine du régime, le Berliner Ensemble travaille suivant une esthétique à l'opposé du réalisme socialiste. Le bureau central du SED (Sozialistiche Einheit Partei) supprime les œuvres de Brecht des ouvrages destinés à l'enseignement secondaire. Le Berliner Ensemble part à Paris, au Festival International de Théâtre où il présente «Mère Courage» de Bertolt Brecht et «La cruche cassée» de Kleist. Grand succès. Nombreux articles de Roland Barthes et Bernard Dort à son propos dans la revue «Théâtre populaire».

- 1955 : Nouvelle tournée à Paris du Berliner Ensemble («Le cercle de craie caucasien» et  «Mère Courage»).

- 14 août 1956 : Bertolt Brecht meurt d'un infarctus à Berlin-Est.




RAGTIME SUR L'OCÉAN

composition pour dix passagers

de Alessandro Baricco
RAGTIME SUR L'OCÉAN, Alessandro Baricco
RAGTIME SUR L'OCÉAN
composition pour dix passagers de Alessandro Baricco
adaptation de ODRI K.

«Vivre, ce n’est pas se trouver, c’est se créer.»
George Bernard SHAW

C'est un marin appelé Danny Boodman qui l'avait trouvé. Il le trouva un matin alors que tout le monde était descendu à Boston. Il le trouva dans une boîte en carton.

Ainsi commence la légende du pianiste sur l’océan qui était promis à un grand destin : Danny Boodman TD Lemon Novecento…


Grand comme l'océan dont il ne descend jamais. Grand comme l'infinitude du jazz qu'il joue sur les quatre-vingt huit touches de son piano. Grand comme son imagination, lui qui n’a jamais vu la terre sauf depuis les ports. Grand comme l'amour que lui portent ces 10 personnages qui évoquent leur rencontre avec ce musicien de l'âme.

Une histoire de migrations, de voyage intérieur, de jazz… sur fond des «années folles».

Philosophe et musicologue de formation, l’écrivain Alessandro Baricco invente un style qui mélange la littérature, la déconstruction narrative et une présence musicale qui rythme le texte comme une partition. Novecento : pianiste (1994) est une sorte de fable qui dresse le portrait d’un musicien atypique de génie pour qui la musique représente un refuge hors du temps, navigant sans répit entre l’Europe et les Etats-Unis… Confiné dans l’espace dans lequel il s’est construit – Le Virginian, qui l’a vu naître – son piano et sa musique représentent sa famille et l’unique espace dans lequel il existe réellement.



Avec les comédiens adultes de la troupe :
Erwan CAIMANT & Fabien LEBORGNE (le Musicien)
Thibaut CARTIER & Eric VEILLE (le 1° Marin)
Yves ROUILLE & Matthieu RICHARD (le 2° Marin)
Hélène GAUTHIER & Claude MONIN (la Femme de Chambre)
Elodie OTELE & Jean BREMONT (la Barmaid - le Barman)
Sophie LLOBET & Cécile HERMAND (la Riche Américaine)
Adeline COLOMB & Aurélie BEY (la Secrétaire)
Chadia MEKKI & Laura MOREAU (la Jeune Fille)
Sophie BAYLE & Coralie GÉRÉ (la Journaliste)
Cécile FRÉCHOU & Karin FREDHOLM (la Flapper)

mise en scène : ODRI K.
son & lumière : Didier LE GRALL
costumes : Joséphine LE GRALL
décor : Alain LAVIT & Bernard BAUDEL
maquillage : Véronique REINA


Nous rappelons à notre aimable public que :

- Les réservations sont obligatoires.

- Le théâtre ouvre ses portes 30 minutes avant la représentation.

- Le spectacle commence à l’heure exacte. Les retardataires ne pourront pas être admis.

- Les photos, films ne sont pas autorisés. Les téléphones portables doivent être éteints.

- La politique tarifaire de l’association vous donne la faveur d’un tarif unique à 13€ la place.

- Boissons et grignotages sont proposés à la buvette, avant et après le spectacle.


Quelques repères:


Alessandro Baricco est un écrivain, musicologue et homme de théâtre italien, né à Turin le 28 janvier 1958. Il vit actuellement à Rome avec sa femme et ses deux fils.

Après des études de philosophie et de musique, Alessandro Baricco devient d'abord rédacteur dans une agence de publicité, puis journaliste et critique pour des magazines italiens. Il a également présenté des émissions à la télévision italienne (RAI) sur l'art lyrique et la littérature. Il est un des collaborateurs du journal La Repubblica .


1991: il publie son premier roman Châteaux de la colère. Il écrit également un ouvrage sur L'art de la fugue chez Gioacchino Rossini et un essai, L'Âme de Hegel et les Vaches du Wisconsin où il fustige l'anti-modernité de la musique atonale.

1993 : il obtient le prix Viareggio pour son roman Océan mer.

1994 : avec quelques amis, il fonde et dirige à Turin une école de narration, la Scuola Holden - ainsi nommée en hommage à un personnage de J. D. Salinger - une école sur les techniques de la narration.

1996 : parution de son roman Soie.

2001 : Désireux de mêler ses textes à la musique pour les enrichir (puisqu'il les construit dans cet esprit), il demande au groupe musical français Air de composer une musique pour City.

2008 : il écrit et réalise son premier film, Lezione 21.



Jelly Roll Morton, est un pianiste et chanteur de jazz américain né le 20 octobre 1890 à La Nouvelle-Orléans et décédé le 10 juillet 1941 à Los Angeles.


D'origine créole et française, de son vrai nom Ferdinand Joseph Lamothe. Le Jelly roll qui a donné son surnom est un gâteau roulé et serait une boutade à connotation sexuelle. Jelly Roll Morton, a fait plus que quiconque pour mettre en route ce qu'on allait appeler le jazz entre 1922 et 1930… après les improvisations collectives de King Oliver et un peu avant Louis Armstrong.

Selon son certificat de baptême, ses parents étaient F. P. Lamothe et Louise Monette (écrit Lemott et Monett sur le certificat de baptême). Eulaley Haco (de son vrai nom Eulalie Hécaud) était sa marraine. Ce que l'on sait, c'est que vers 1900, il jouait déjà du piano dans les nombreuses maisons closes de l'endroit, sachant interpréter tous les genres de l'époque, du ragtime aux mélodies espagnoles très demandées à ce moment-là.

De 1900 à 1920, il aurait voyagé «partout» : de New York à la Californie en passant par le Canada, le Kansas et la Floride. On le sait à Chicago en 1912 parce que c'est là qu'il fait enregistrer ses premières compositions. De 1915 à 1920, il aurait vécu à Los Angeles aux côtés des célèbres Spike Brothers.

Lorsqu'il arrive à Chicago, aux débuts des années 1920, c'est un Jelly Roll hautain, dédaigneux, flamboyant, presque exaspérant qui prend la ville d'assaut. Il clame sur tous les toits que toutes les musiques qu'on y joue ne sont que de pâles imitations de ses nombreux styles ; que c'est lui qui a inventé le jazz. Il donne même une date : 1902. Ses vêtements proviennent des plus grands tailleurs, il aime payer ses notes avec des billets de mille dollars et, à un certain moment, il se fait même poser un diamant à la place d'une incisive. Il joue au billard, aux cartes, se promène souvent en compagnie de deux femmes, car il plaît aux dames. Musicalement, à la seule mention de son nom, les salles se remplissent. Et il enregistre. De 1923 à 1929, il est le musicien des musiciens.

La Grande Dépression aura raison de lui. Ses excentricités, sa façon ostentatoire de se présenter font mauvais goût. Il continue à jouer ici et là, mais c'est le déclin. La santé minée par divers excès, il s'éteint à Los Angeles en 1941, non sans avoir, en 1938, enregistré chez Circle Records The Saga of Mr. Jelly Lord (paru en 1947-CD en 2005 The Complete Library of Congress Recordings) reprenant des interviews réalisées à l’Auditorium de la Bibliothèque du Congrès où il raconte sa vie ponctuant le tout d'une douzaine d'improvisations au piano. Ce travail représente probablement la première « biographie sonore » jamais réalisée concernant un musicien. Ses derniers enregistrements avec, entre autres, Sidney Bechet, Albert Nicholas et Sidney de Paris, datent de 1939.

Il n'a pas tout inventé mais il a tout transformé. Sur ses cartes de visite, on pouvait lire «Inventor of Jazz» (inventeur du jazz), «Originator of Stomp and Swing» (créateur du stomp et du swing), «World's Greatest Hot Tune Writer» (le plus grand auteur de morceaux hot au monde ) et bon nombre de critiques pensent désormais qu'il n'avait peut-être pas tort.



Le VIRGINIAN a été construit par les chantiers Alex Stephen & Sons de Glasgow, pour la Allen Line. Long de 164 m. et large de 18,40 m, pour une jauge de 10.757 tonnes, il est lancé le 22 décembre 1904. Son trajet principal reliait Liverpool (UK) à Montréal (Canada). Il pouvait accueillir 426 passagers en 1° classe, 286 en 2° classe, 1000 en 3° classe.


Le 14 avril 1912 - nuit du naufrage du Titanic - alors qu’il avait appareillé de Halifax, au Canada, la veille au soir en direction de Liverpool, en Angleterre, sous les ordres du commandant G.J. Gambell - il se trouvait à 170 milles au nord du Titanic.


Ne transportant que 200 passagers, il aurait pu accueillir les rescapés du naufrage. Le 15 avril, à 1h02, la station Cap Race informe le Virginian que le Titanic vient de heurter un iceberg et demande un secours immédiat. Le Virginian fait cap vers le Titanic et le radio capte les signaux du navire en perdition dont la puissance d’émission chute graduellement… jusqu’à 2h17 où il ne détecte plus aucune émission. Le Titanic sombra 3 minutes plus tard. Le Vsirginian resta dans la zone du naufrage jusqu’au matin…



Les Années Folles commencent en 1920 et se terminent en 1929 avec le début de la Grande Dépression.


À Paris, Après la Première Guerre mondiale, une génération nouvelle rêve d'un monde nouveau. Venu d'Amérique avec les Alliés, le jazz fait son apparition mais également la danse, la radio et les sports, les industries (électroménager), sur fond de très forte croissance économique...


L'utopie positiviste du XIX° siècle et son crédo progressiste font place à un individualisme déchaîné et extravagant. L'Art Nouveau foisonnant, fauché par la guerre, cède la place aux épures précieuses de l'Art Déco.

Paris devient la capitale des Arts et le lieu de rencontre privilégié entre artistes et intellectuels de cette époque. Durant les Années Folles, Montparnasse et Montmartre sont sans conteste les lieux de Paris les plus célèbres et les plus fréquentés, abritant ses prestigieux cafés tels la Coupole, le Dôme, la Rotonde et la Closerie des Lilas.


L'avant-garde surréaliste occupe le devant de la scène culturelle en apportant de nouvelles formes d'expression à la poésie avec des auteurs comme André Breton, Louis Aragon, Paul Éluard ou Robert Desnos mais également à la peinture au travers d'artistes comme Max Ernst, Joan Miró, Salvador Dalí, Francis Picabia, à la sculpture avec Jean Arp, Germaine Richier, voire à la cinématographie avec Un chien andalou de Luis Buñuel, René Clair et Jean Cocteau. Désormais tourné vers l'indicible, le mouvement avant-gardiste voit ses membres adhérer pour une grande majorité d'entre eux au Parti communiste français dont ils partagent la volonté de rupture avec la bourgeoisie. C’est le renouveau des ballets (les Ballets suédois : L'Homme et son désir de Paul Claudel sur une musique de Darius Milhaud - La Création du monde sur une musique de Darius Milhaud, un scénario de Blaise Cendrars et des costumes de Fernand Léger - Relâche sur une musique d’Erik Satie et des décors de Francis Picabia).


La valse et la mazurka ont laissé la place au tango. Le music-hall remplace définitivement le café-concert. On va au Casino de Paris, au Concert Parisien, au Concert Mayol pour voir Maurice Chevalier et Mistinguett. Les comédies musicales font le succès des Folies Bergère (Joséphine Baker danse le Charleston aux Folies Bergère, dans la Revue Nègre en 1926). L'opérette prend également un nouveau départ (Dans la vie faut pas s'en faire, chanson la plus populaire de Dédé, aux Bouffes-Parisiens) avec Vincent Scotto, Sacha Guitry, Marie Dubas , Georgius et Damia (la «tragédienne de la chanson»)


La fréquentation des lieux sportifs augmente sensiblement et la presse donne à l'événement sportif une audience et une popularité croissantes (Tour de France, football, rugby, Jeux Olympiques de Paris en 1924). La radio devient le vecteur privilégié de la nouvelle culture de masse. Apparition des disques 78 tours…



Le théâtre est essentiellement représenté par Louis Jouvet, Georges Pitoëff, Charles Dullin et Gaston Baty (Cartel des Quatre). Le public cultivé des élites s'intéresse à des auteurs et des œuvres qui associent classicisme dans la forme et l'opposition réalité/rêve au niveau de l'atmosphère théâtrale. Aussi, le théâtre de Cocteau, de Giraudoux, de l'italien Pirandello connaissent un véritable succès.


À Los Angeles (Hollywwod), l'industrie cinématographique est alors en plein essor, et, grâce au ralentissement brutal de la production en Europe (à cause de la guerre), elle exporte ses films en quantités croissantes et va s'imposer comme la plus importante des cinématographies mondiales.

Cette «hégémonie culturelle» américaine manifeste la position dominante des États-Unis sur la scène internationale au lendemain de la Grande Guerre. Cette période est définie comme une décennie de changements majeurs, d’évolutions et de prospérité aux États-Unis, aussi bien sur le plan économique, que culturel ou sociétal. 1919 a été désigné comme «l’an premier du siècle» par John Dos Passos. Toutefois, l’Amérique des années 1920 est aussi une Amérique « du refus », une opinion publique divisée sur ses valeurs, une prospérité excluante malgré la hausse de la productivité, les grands progrès techniques, les avancées scientifiques (remplacement de la vapeur dans les usines par l’énergie électrique, taylorisme, mécanisation).


Frédéric Winslow Taylor développe dès 1911 les tenants de son modèle de production : l’objectif du taylorisme est de décomposer les gestes de l’ouvrier pour les rendre plus efficaces et rapides. L’«organisation scientifique du travail» est complétée par la «chaine de production», mise au point par Henry Ford, qui, grâce à la mécanisation, met au point un processus de production en «chaîne de montage», alliant ainsi la méthode de Taylor et les progrès de la mécanisation. Certains, rétrospectivement, souligneront le caractère «factice» de cette ère de la croissance qui prend fin tragiquement avec la crise de 1929.


Les Roaring Twenties sont marquées par un phénomène d’urbanisation croissante et relativement précoce de la société américaine qui profite majoritairement aux grandes villes. La population urbaine est supérieure à la population rurale. On assiste également au développement de banlieues (suburbs), encouragé par le développement d’infrastructures routières, l’équipement des ménages en téléphones et en automobiles. Ces nouvelles zones résidentielles voient arriver le confort d’une vie moderne, avec l’électricité et un début d’équipement électroménager. Le centre-ville est le théâtre de grandes mutations: c’est le développement des gratte-ciels (skyscrapers), dont les premiers sont apparus à Chicago dans les années 1880 et dont la construction reprend de plus belle au cours des années 1920, notamment à New-York.


La consommation de masse va de pair avec le développement de la publicité. L’aisance matérielle devient à la portée de tous ou, du moins, un idéal à atteindre. Les messages publicitaires sont de plus en plus élaborés, les publicitaires font désormais appel à des psychologues pour adapter et affiner leurs messages médiatiques. Edward Bernays - neveu de Sigmund Freud - souvent considéré comme le fondateur des relations publiques voit ses théories décriées comme une « manipulation de l’opinion publique », mais il est largement sollicité dans le milieu économique et politique.


La littérature et le cinéma véhiculent l'image d’une nouvelle femme américaine des Roaring Twenties : la «Flapper», traduit en Europe par l’émergence de l'image de la «Garçonne». Symbole de la femme affranchie, elle a les cheveux et les vêtements courts. Elle fume en public, brave la prohibition et se maquille. Elle sort et danse le Charleston, le black bottom ou le Lindy. Des actrices comme Norma Talmadge, Alice Joyce, Clara Bow ou Louise Brooks sont des incarnations du genre. En France, Coco Chanel.


Les années 1920 esquissent un début de libération des mœurs sans toutefois menacer directement l’institution du mariage et le schéma familial traditionnel. Le Travail ou la Maison ? Finalement la population active féminine varie faiblement sur la période. Les femmes occupent en général des activités nécessitant un faible niveau de diplôme et à niveau de responsabilités peu élevé : travaux domestiques et de service, ouvrières peu qualifiées, employées de bureau… À défaut d’une parité salariale, les femmes obtiennent gain de cause en termes de parité politique : en 1919 elles obtiennent, aux USA, le droit de vote aux élections. La présence des femmes à des postes politiques reste anecdotique.


La frénésie collective et l’optimisme des années 1920 tendent à faire oublier que les inégalités sociales perdurent. Inégalités géographiques avec l’existence de «régions déprimées» (Appalaches, Nouvelle-Angleterre). L’interdiction du travail des enfants n’est pas respectée. La peur du chômage reste un souci majeur pour la population. Les Noirs, les immigrés récents, les Farmers endettés sont les «forgotten men» de la prospérité. 60 % des ménages disposent de revenus inférieurs au revenu minimum indispensable.



Les Roaring Twenties sont «l’ère du Jazz», du Blues, du Ragtime, du Spiritual Gospel et du Swing. Le trompettiste Louis Armstrong, le cornettiste King Olliver, les clarinettistes Jimmie Noone et Johnny Dodds, le pianiste Duke Ellington sont les stars de ces nouveaux genres musicaux inspirés des chants des esclaves Noirs. Le «style Nouvelle-Orléans» fait fureur… sans remettre en cause le climat de ségrégation sociale et raciale.


La peinture américaine des années 1920 surfe sur le réalisme et le naturalisme avec des artistes comme Edward Hopper ou Georgia O’Keffe. La sculpture se prend de mégalomanie et de gigantisme avec le lancement du projet du Mount Rushmore National Memorial du sculpteur Gutzon Borglum en mars 1925 dans le Dakota du Sud.


La littérature des années 1920 est profondément marquée par l’avènement de jeunes auteurs qui formeront la «Lost Generation» (Théodore Dreiser, Francis Scott Fitzgerald - Gatsby le Magnifique, 1925 - John Dos Passos, Ernest Hemingway, Sinclair Lewis - Babbitt obtient le Prix Nobel de Littérature). Ils décrivent une société américaine entre faste et illusions, frénésie et hypocrisie.


L’Amérique des années 1920 se recroqueville cependant et l’aspiration à une «Amérique aux Américains» se manifeste dès le lendemain de la grande guerre avec la «peur des rouges». Le bolchévisme, l’anarchisme, le syndicalisme sont considérés comme un danger pour le modèle américain. Les pouvoirs publics empêchent l’action des syndicats et notamment l’IWW - Industrial Workers of the World - créé en 1905 et dont les membres sont surnommés les « wobblies ». Les grèves de 1919 sont brutalement réprimées. L’amalgame entre «rouge» et «étranger» se double souvent d’un racisme marqué à l’égard des Italiens, des Européens de l’Est, des Russes et des juifs. L’américanisme se manifestent également par la mise en place de lois d’immigration et de quotas spécifiques. Les années 1920 marquent également le retour en puissance et l’apogée du Ku Klux Klan. Si son idéologie est largement tournée à l’encontre des populations noires et juives, l’organisation est aussi marquée par un fort anti-catholicisme et son action se tourne vers la promotion des valeurs WASP- White Anglo-Saxon Protestant.


La Loi Volstead du 1er janvier 1920 consacre la victoire de la Prohibition. Elle est portée par des motivations tant éthiques et morales que scientifiques (santé publique) et économiques. La société américaine se divise alors en deux camps : les «dry» (secs) prohibitionnistes et les «wet» (mouillés) anti-prohibitionnistes. Mais, assez rapidement, se met en place une vaste entreprise de contournement de la règle. La consommation d’alcool mondaine se développe dans les fameux «speakeasies», bars clandestins. Les «bootleggers», contrebandiers de la prohibition organisent un véritable commerce souterrain de l’alcool, mais contrôlent aussi le trafic de drogue, la prostitution ou les jeux d’argent dans les grandes villes. Le plus célèbre de ces «bootleggers» demeure Al Capone.


24 octobre 1929, le «jeudi noir» est le début de la plus grande crise financière du XX° siècle aux États-Unis. C’est le «mardi noir», 29 octobre 1929, que l’indice s’effondre de manière encore plus brutale. Du fait de la dynamique économique des années 1920, les américains avaient fait de nombreux placements, et la spéculation foncière s’est largement développée. L’écart entre la valeur des placements et leur valeur réelle forme une bulle financière qui explose et va entrainer la «Grande Dépression»… C’est alors la fin d’une parenthèse dorée.

LA RÉSISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI

montée totalitaire en 14 marches

de Bertolt BRECHT
LA RÉSISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI, Bertolt BRECHT
LA RÉSISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI

montée totalitaire en 14 marches de Bertolt BRECHT

"Le succès ne consiste pas à ne jamais faire d’erreur, mais à ne jamais faire la même erreur deux fois."
George Bernard SHAW

Chicago, USA - années 30

Temps affreux sur Chicago, c'est la crise ! Voyant ses revenus baisser, le trust du chou-fleur, demande des subventions à la ville. Pour cela, il lui faut obtenir la complicité du vieil Hindsborough, responsable politique respecté que le trust a toujours soutenu. Flake et Mulberry offrent la moitié des actions de la société des Transports du Lac à Hindsborough, qui finit par accepter. Il reçoit également une maison de campagne…

De son côté, Arturo Ui, minable chef de gang, cherche à s’immiscer dans le trust. Son heure arrive le jour où Ui apprend qu’Hindsborough s’est laissé corrompre. Ui se rend chez Hindsborough, et parvient à imposer sa présence dans le trust. Son projet est de racketter les marchands de choux-fleurs de Chicago, leur imposant une «protection» lourdement rémunérée contre de soi-disant violences.

Corruptions, intimidations, faux testaments et meurtres sont les bases de l’ascension d’Arturo Ui…

Après être parvenu à ses fins par des méthodes expéditives, Ui se livre à l'exercice politique du discours dans lequel il laisse apparaitre une réalité brutale… à l’instar d’Hitler qui savait que «si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues». De même, son ministre de la propagande et de l’éducation du peuple, Joseph Goebbels, a su comment assurer le pouvoir : «Celui qui peut régner sur la rue, règnera un jour sur l’Etat, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue»…


Comme Charlie Chaplin avec son Dictateur réalisé en 1940, Bertolt Brecht choisit le rire, le grotesque et la dérision pour dresser le portrait d’un tyran. Ce qui nous importe aujourd’hui où «l’on sait», où l’on a clamé «plus jamais ça» ce n’est pas de reconnaître dans les mafieux américains de la pièce, Hitler ou Goebbels mais de méditer sur la validité de la dernière phrase «le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde».


Bertolt Brecht écrit sa pièce Arturo Ui en 1941, alors qu’il séjourne en Finlande avant son départ pour les Etats-Unis. En 1956, il y apporte divers remaniements (actualisation du prologue). La pièce sera mise en scène, 2 ans après sa mort, par Peter PALIZTSCH du Berliner Ensemble, en 1958 à Stuttgart, en 1960 en France. En septembre1960, Jean Vilar et Georges Wilson, créent la pièce en français, au TNP (Chaillot).


Inspiré par le marxisme, mais surtout par le spartakisme, Brecht était un artiste engagé. Ses pièces voulaient «changer le monde» et offrir au public, davantage qu’un divertissement… un espace de réflexion politique.


«Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques.

L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales.»

Bertolt Brecht.



Quelques repères biographiques :


- 10 février 1898 : naissance de Bertolt Brecht à Augsbourg, en Souabe bavaroise, dans une famille bourgeoise. Il sera élevé dans la religion protestante.


- 1913 : Á 15 ans, il écrit sa première pièce en un acte «La Bible» où il évoque la guerre de Trente ans (1618-1648).


- 1914-1916 : Après avoir écrit des poèmes patriotiques qui font l'éloge de l'héroïsme militaire, il rejettera le militarisme. Dans une dissertation, il critique la notion de mort héroïque et s'en prend à la propagande. Désormais, la guerre sera le thème majeur de son œuvre.


- 1917 : Brecht entreprend des études de philosophie, puis de médecine (mars 1918), à l'Université de Munich. Il met tout en œuvre pour échapper au front.


- 1918 : Enthousiasmé par le théâtre de Frank Wedekind, il écrit «Baal».


- 1919 : Mobilisé en octobre, il échappe au front et devient garde-malades dans un hôpital militaire d'Augsbourg. En Janvier, suite à l’assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, Brecht s'intéresse de très près au mouvement spartakiste (violemment réprimé, notamment à Munich et Augsbourg, avec l'aide des "corps francs" ). Il écrit «La noce chez les petits-bourgeois» et «Spartakus» (Tambours dans la nuit).  Toutes les oeuvres de cette époque cherchent à réfléchir la situation nouvelle de l'individu et de la civilisation après la sauvagerie de la première guerre mondiale. En juillet : naissance de son fils qu’il nomme Frank Wedekind - sa mère est Paula Banholzer.


- 1920 : Il vit entre Augsbourg, Munich et Berlin. Á Munich, il anime des cabarets et fréquente l'humoriste Karl Valentin.


- 1922 : 13 novembre. Il reçoit le Prix Kleist pour ses pièces «Tambours dans la nuit» (Spartakus), «Baal» et «Dans la jungle des villes». La même année, il épouse Marianne Zoff.


- 1923 : Brecht quitte Munich pour fuire les «chemises brunes». Naissance de sa fille Hanne ( sa mère est Marianne Zoff).


- 1924-1929 : Après son installation à Berlin (dramaturge au Deutsches Theater), il vit avec Hélène Weigel, qu'il épousera en 1929, et dont il a deux enfants, Stefan et Barbara. En Novembre 1924, il rencontre Elisabeth Hauptmann. Il commence à lire Marx. Encouragé par le philosophe Walter Benjamin, Brecht élabore sa théorie du théâtre épique. Au printemps 1927, il rencontre le compositeur Kurt Weill (1900-1950), avec qui il travaille sur les  Chants de «Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny» (jouée pour la première fois la même année à Baden-Baden). Brecht collabore avec le metteur en scène Erwin Piscator. Il fait partie du collectif qui adapte pour la scène les «Aventures du brave soldat Chveïk» de Jaroslav Hasek. Le spectacle, fameux, mis en scène par Piscator, avec des projections de George Grosz sera donné pour la première fois le 28 janvier 1928.


- 1930 : Naissance de sa fille Barbara (sa mère est Helene Weigel).


- 1933-1939 : Hitler devenu chancelier, Brecht décide - comme Weill, Eisler, et tant d'autres - de s'exiler. Il quitte Berlin le lendemain de l'incendie du Reichstag (28 février 1933). Ses oeuvres sont interdites et brûlées (10 mai 1933) par les nazis. Déchu de la nationalité allemande, il  vivra successivement à Prague, Vienne, Paris, Zurich et s'installe à Copenhague jusqu’en1939, puis en Suède, jusqu'en avril 1940, puis en Finlande.


- 1940-1945 : Brecht, sa famille, Ruth Berlau et Margarete Steffin quittent la Finlande (mai 1941) pour les Etats-Unis. Margarete Steffin meurt en route, à Moscou. Brecht s'installe aux États-Unis (à Santa Monica, près de Hollywood). Il y rencontre, entre autres, Charlie Chaplin ainsi que d'autres émigrés allemands comme Fritz Lang, Schönberg, Thomas Mann, Adorno et y retrouve ses amis  Piscator, Grosz, etc. Le 13 novembre 1943, son fils Frank meurt sur le front russe.


- 1947 : Le 30 octobre, Brecht comparaît devant la Commission des activités anti-américaines (maccarthysme), à Washington. Le lendemain, il quitte les États-Unis pour la Suisse.


- 1948-1949 : Il vit à Zurich et envisage un moment de s'installer en Autriche, mais s'installe finalement à Berlin-Est en juin 1949.


- 1954 : A Berlin-Est, il fonde avec Hélène Weigel le Berliner Ensemble. Il entretient des relations contradictoires avec le gouvernement est-allemand. Vitrine du régime, le Berliner Ensemble travaille suivant une esthétique à l'opposé du réalisme socialiste. Le bureau central du SED (Sozialistiche Einheit Partei) supprime les œuvres de Brecht des ouvrages destinés à l'enseignement secondaire. Le Berliner Ensemble part à Paris, au Festival International de Théâtre où il présente «Mère Courage» de Bertolt Brecht et «La cruche cassée» de Kleist. Grand succès. Nombreux articles de Roland Barthes et Bernard Dort à son propos dans la revue «Théâtre populaire».


- 1955 : Nouvelle tournée à Paris du Berliner Ensemble («Le cercle de craie caucasien» et  «Mère Courage»).


- 14 août 1956 : Bertolt Brecht meurt d'un infarctus à Berlin-Est.



Avec les comédiens adultes de la troupe : Erwan CAIMANT & Thibaut CARTIER (le Bonimenteur & Hindsborough) - Coralie GÉRÉ & Sophie BAYLE (Arturo Ui) - Cécile FRÉCHOU & Laura MOREAU (Nini-Fleur-des-Quais) - Fabien LEBORGNE & Antoine DROUART (Roma) Hélène GAUTHIER & Agnès LANDA (Mulberry) - Romain SIAS & Germain MARTEAU (Flake & L’acteur & Ignace Dollfoot) - Charlotte BLANCHIN & Karin FREDHOLM (Gaffles & Betty Dollfoot) - Claude MONIN (Goodwill & L’Avocate & Chef de file des épiciers) Yves ROUILLE (Maire & Juge & Pasteur).



mise en scène
ODRI K.

son & lumière
Didier LE GRALL

maquillage
Véronique REINA

costumes
Joséphine LE GRALL

accessoires
Alain LAVIT
& Michel RIVIERE…


- Roland BARTHES, "La révolution brechtienne", éditorial de la revue Théâtre populaire (1955), dans Essais critiques, Paris, Seuil, 1964.

- Roland BARTHES, "Les tâches de la critique brechtienne" (1956), dans Essais critiques, Paris, Seuil, 1964.

- Bernard DORT, Lecture de Brecht, Paris, Seuil, "Points", 1960.

- Jean VILAR et George WILSON, TNP, 1960 - http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00444/la-resistible-ascension-d-arturo-ui-mise-en-scene-de-jean-vilar-et-georges-wilson.html


Nous rappelons à notre aimable public que :


- Les réservations sont obligatoires.

- Le théâtre ouvre ses portes 30 minutes avant la représentation.

- Le spectacle commence à l’heure exacte. Les retardataires ne pourront pas être admis.

- Les photos, films ne sont pas autorisés. Les téléphones portables doivent être éteints.

- La politique tarifaire de l’association vous donne la faveur d’un tarif unique à 13€ la place.

- Boissons et grignotages sont proposés à la buvette, avant et après le spectacle.



jacques ou la soumission

comédie naturaliste

de Eugène IONESCO
jacques ou la soumission, Eugène IONESCO
jacques ou la soumission

L’AVENIR EST DANS LES ŒUFS
comédie naturaliste de Eugène IONESCO

"On appelle cercle de famille un endroit où l'enfant est encerclé"
George Bernard SHAW

L’histoire

C’est l'histoire d'un jeune homme qui ne veut pas jouer le jeu de la vie. En rupture de ban avec sa famille, il n'accepte pas de «manger les pommes de terre au lard» et de se marier. L'insignifiance de l'enjeu laisse entendre, sous un mode burlesque, que sa révolte n'est pas simplement œdipienne mais qu'elle est métaphysique. Bouleversé par le sentiment de sa finitude, et par la découverte du mal au sein de la création, Jacques refuse de perpétuer la vie, mais la pression de tous les membres de la famille, ligués contre lui, finira par triompher de ses résistances. C'est donc l'histoire de Jacques, que le refus de la condition humaine conduira petit à petit à la soumission la plus complète. Lui, qui s'était défendu de sombrer dans un monde déliquescent, finira par se laisser prendre au piège de l'existence : la résignation à l'instinct sexuel et grégaire, à l'acculturation et au conformisme. Jacques ou la soumission est une pièce exemplaire pour qui voudrait comprendre les rouages de la propagande : en répétant vingt fois qu'il faut adorer les pommes de terre au lard, on finit bien par les adorer .



S'il n'y a pas "crise", il y a stagnation, pétrification, mort. Toute pensée, tout art est agressif.Je suis pour un anti-théâtre, dans la mesure où l'anti-théâtre serait un théâtre anti-bourgeois et anti-populaire.

Repères biographiques

1909 : Le 26 novembre, à Slatina, petite ville située à 150 kilomètres de Bucarest, naît un petit garçon, auquel on donne le prénom de son père, Eugen. Ce dernier, un brillant étudiant en droit, a épousé Thérèse Ipcar, fille d’un ingénieur français travaillant pour la société des Chemins de Fer Roumains.

1911 : Quelques mois après la naissance d’une petite fille, Marilina, la famille s’installe à Paris pour permettre à Eugen-père de préparer son doctorat en droit. Deux ans plus tard, Thérèse met au monde une nouvelle petite sœur, Mircea qui sera emportée par une méningite foudroyante à l’âge de dix-huit mois. Petit garçon de cinq ans, Eugen découvre l’horreur de la mort et en restera obsédé tout le reste de son existence.

1916 : Les évènements internationaux se précipitent et l’étudiant Ionesco (père) doit quitter la Sorbonne pour retourner combattre dans son pays, la Roumanie. Après quoi, Eugen Ionescu devait rentrer en France, mais il reste en Roumanie, demande le divorce et réclame ses enfants.

1918 : Eugène et sa sœur qui avaient été éloignés à La-Chapelle-Athenaise durant la guerre - Eugène en gardera un souvenir très heureux - rentrent à Paris pour vivre avec leur mère et leurs grand-parents maternels, dans un appartement de deux pièces sur une cour sombre et humide, dans une petite rue du XV°.
Quelques mois plus tard, le père obtient la garde de ses enfants. Le retour en Roumanie est difficile: le jeune Eugène doit apprendre le roumain - qu’il ne parle pas - dans un temps record pour entrer au lycée, les rapports entre beaux-enfants et belle-mère sont virulents, comme ceux du couple et les scènes de ménage sont incessantes.
Thérèse retourne vivre à Bucarest pour se rapprocher de ses enfants. Mise à la porte par sa marâtre, Marilina rejoint sa mère. Eugène, à la suite d’une violente altercation avec son père, s’installe dans une chambre indépendante et continue ses études, grâce à une bourse.

1923 : Le bachot en poche, Eugène s’inscrit à la faculté des lettres pour préparer une licence de français. Il rencontre une jeune étudiante en philosophie et en droit, Rodica. Eugène tombe amoureux.

1934 : Eugène décroche la Capacitate de français, tandis que Rodica obtient celle de philosophie. Le jeune couple sent monter les premiers effets du nazisme et décide de rejoindre Paris sous le prétexte d’y terminer leurs études. Eugène obtient une bourse d’études à l’Institut français de Bucarest pour préparer sa thèse sur «Le Péché et la Mort dans la Poésie Française depuis Baudelaire».

1936 : Eugène et Rodica se marient. Rodica sera la seule femme que Ionesco aura adulée, admirée, remerciée, vénérée, adorée, pendant toute sa vie. On ne les verra jamais l’un sans l’autre.

1939 : Mobilisé comme citoyen roumain, il doit rentrer dans son pays. Il faudra attendre mai 1942 pour que M. et Mme Ionesco aient enfin une adresse en France. C’est en zone libre, à Marseille qu’ils s’installent.

1944 : Naissance de leur fille Marie-France - l’autre grand amour d’Eugène.

1945 : Les Ionesco se fixent définitivement à Paris. Eugène se fera naturaliser Français.
La situation du ménage est précaire. Eugène se fait correcteur pour des épreuves aux éditions juridiques et médicales et ne rechigne pas à accepter un poste de manutentionnaire chez Ripolin. Le soir, il relie ses notes et écrit sa première pièce : «J’avais une intention très précise de faire une parodie de pièce. C’est pour cela que j’avais mis en titre «Anti-pièce».

1950 : Nicolas Bataille, jeune metteur en scène, considéra que c’était une œuvre théâtrale et en fit un spectacle. Pierre Leiris, directeur d’un petit théâtre, rue Champollion - Les Noctambules - prête sa salle. Les comédiens, tous des élèves de cours dramatiques, font leurs débuts… Ainsi sans argent, le 16 mai, à 18h - horaire inhabituel - le rideau se lève sur La Cantatrice Chauve… Raymond Queneau assiste au spectacle et en sort enthousiaste. Grâce à ce découvreur opportun les cinquantes personnes qui font le Tout-Paris littéraire apprennent qu’un auteur étrange, indéfinissable, intéressant est apparu dans une petite salle de la rue Champollion.

1968 : à partir de cette époque, les pièces d’Eugène Ionesco feront partie du patrimoine culturel mondial. Bucarest le découvre et cherche à se l’approprier comme auteur national. Mais Ionesco s’est fait naturalisé Français depuis bien longtemps et rien ne le fera pas revenir sur sa décision. En ces années 1968-1969, Ionesco est comblé d’honneur : il reçoit la médaille de Monaco des mains du Prince Régnier, Paris lui décerne le Grand Prix National du Théâtre, il est élu à l’Académie Française, au siège de Jean Paulhan…

1984 : La maladie fait son apparition. Le 22 février 1989, Ionesco est hospitalisé. La mort effrayante qu’il avait tant appréhendée lui fut douce, elle arriva en catimini, le 28 mars 1994.

Œuvres Dramatiques

1950 La Cantatrice Chauve. Les Salutations. Le Vicomte.
1951 La Leçon.
1952 Les Chaises.
1953 Victimes du Devoir. La Jeune Fille à Marier - Les Connaissez-vous? - Le Maître, Le Salon de l’Automobile - Le Rhume onirique - La NièceÉpouse - Les Grandes Chaleurs.
1954 Amédée ou comment s’en débarrasser.
1955 Jacques ou la Soumission. L’avenir est dans les œufs. Le Tableau.
1956 L’Impromptu de l’Alma.
1957 Le Nouveau Locataire.
1959 Scène à quatre.
1960 Rhinocéros.  Apprendre à Marcher.
1962 Délire à deux. La Photo du Colonel. Le Roi se Meurt.
1963 Le Piéton de l’Air.
1964 Exercice de Conversation et de diction française pour étudiants américains.
1966 La Soif et la Faim. La Lacune.
1970 L’œuf dur. Pour préparer un œuf dur.
1970 Jeux de Massacre.
1972 Macbett. Tueur sans Gage.
1973 Ce formidable Bordel.
1975 L’Homme aux Valises.
1982 Voyage chez les Morts.


Avec les comédiens adultes de la troupe : Fabien LEBORGNE (Jacques)- Laura CALLIGRAFI & Karin FREDHOLM (Jacqueline) - Claude MONIN & Hélène GAUTHIER (Jacques Mère) - Antoine DROUART & ThibautCARTIER (Jacques Père) - Marie MALAISE (Jacques Grand-Mère) - Boris GRIMALDI & Romain SIAS (Jacques Grand-Père) - Adeline COLOMB &Coralie GERE, Sophie BAYLE & Anne-Sophie RENARD, Cécile FRECHOU & Agnès LANDA (Roberte 1,2,3) - Bernadette DUMONT & Pascale WURMSER (Robert Mère) - Erwan CAIMANT & Bruno MARCO (Robert Père).

mise en scène
ODRI K.

son & lumière
Didier LE GRALL

maquillage
Chloé BRIAND
Véronique REINA

costumes
Joséphine LE GRALL

accessoires
hélène MASRIERA
& Alain LAVIT…
H.H

Conseil Municipal en 5 séances

de Jean-Claude GRUMBERG
H.H, Jean-Claude GRUMBERG

H. H.

conseil municipal en 5 séances
de Jean-Claude GRUMBERG

"Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n'y projetait déjà une histoire."
André Gide

H.H. nous plonge en plein conseil municipal de Landshut, petite ville de Bavière, réuni pour baptiser le nouvel établissement scolaire. Le nom de Heinrich Heine a été retenu, mais des conseillers, nouvellement élus s'y opposent... Or, il se trouve qu'un natif "célèbre" n'a jamais eu l'honneur de voir son nom orner le fronton d'un lycée ou collège. Il s'agit d'Heinrich Himmler. Tollé, refus, scandale. On s'agite: quel nom donner au collège? Les initiales H.H. sont déjà gravées. Alors? Le poète Heinrich Heine ou le nazi fanatique Heinrich Himmler? Les arguments fusent. En rire vaut toujours mieux.


Les lettres d'Himmler sont le point de départ de l'écriture de H.H. On croit tout connaître du génocide et des génocidaires, mais l'effrayant "bon sens" d'Himmler, son intérêt pour l'histoire et les traditions teutonesques, son épouvantable verbiage, nous glacent le sang et nous rappellent qu'on peut tout faire dire aux mots, même le pire, surtout le pire.

Heine, en contrepoint nécessaire, nous permet d'envisager un autre monde. Notre monde? L'humanisme, la clairvoyance, l'humour, accompagnent un désir de justice qui s'oppose à la barbarie. Heinrich Heine nous permet de reprendre pied.


Le conseil municipal, vous l'avez compris, n'a pas lieu aujourd'hui, ne peut avoir lieu... Mais demain?... Le rire pour cacher la colère et la honte, la poésie pour nous rappeler que notre espèce n'est pas vouée à l'ignoble, la comédie enfin parce que nous sommes au théâtre...


Jean-Claude Grumberg - Février 2011



avec les comédiens adultes de la troupe (en alternance): Antoine DROUART (Président du Conseil Municipal), Anne-Sophie RENARD & Agnès LANDA (Assistante du Président), Pascale WURMSER & Claude MONIN (Adjointe n°1), Bernadette DUMONT & Karin FREDHOLM Adjointe n°2), Coralie GÉRÉ & Sophie BAYLE (Conseillère n°1 / opposition progressiste), Erwan CAIMANT & Mathieu DARTIGUES Conseiller n°2 / opposition progressiste), Alban SESMAT & Fabien LEBORGNE (Conseiller n°3 / opposition conservatrice), Adeline COLOMB & Cécile FRÉCHOU (Conseillère n°4 / opposition conservatrice).


mise en scène
ODRI K.

son & lumière
Didier LE GRALL

maquillage
Chloé BRIAND
Véronique REINA

costumes
Joséphine LE GRALL

accessoires
Erwan CAIMANT
& Compagnie…


La grande roue

Carambouille en 12 tableaux

de Vaclav HAVEL
La grande roue, Vaclav HAVEL


Carambouille en douze tableaux
de Vaclav HAVEL

“La vertu est une tentation insuffisante.” George Bernard SHAW

Décédé en 2011, Vaclav HAVEL est connu du grand public pour son action militante contestataire et en tant que président de la Tchécoslovaquie (puis de la République Tchèque) après la Révolution de Velours, en 1989.
Il est cependant un grand dramaturge qui, dès 1960, s’inscrit dans le Théâtre de l’Absurde, inspiré par Kafka, Ionesco et imprégné d’humanisme social. Le thème dominant de son théâtre est «l’identité humaine en crise». Son écriture est une résistance à «la dégradation de l’énergie vitale», à «l’immobilisme vide et sans histoire», à «la dictature du rituel».
Le Printemps de Prague, interrompu par les chars soviétiques (1968) et la Normalisation, feront de lui un auteur interdit en Tchécoslovaquie (jusqu’en 1983). C’est durant cette période qu’il écrit La Grande Roue (1974).
Cette adaptation de l’Opéra des Gueux de l’anglais John Gay (1728) apparaît comme un manifeste «contre la vie dans le mensonge et l’autoritarisme». L’auteur y met en scène des marionnettes, des personnages qui perdent toute identité à force de se retourner pour s’adapter au grand mécanisme du monde, des gens qui ne cessent de se détruire et de se trahir eux-même, par désir de se conserver… car la morale du pouvoir est «la nécessité de se compromettre pour vivre et agir», ce à quoi, Vaclav Havel répond que la compromission ne mène à rien; elle est stérile.
La verve satirique de l’auteur démystifie le charabia idéologique qui occulte la réalité humaine et sociale, mais la satire ne masque jamais la complexité des personnages.

 

Avec les comédiens adultes de la troupe 2013 : Antoine DROUART (Maxence), Mathieu DARTIGUES & Stefaan VANMARCKE (Jules), Fabien LEBORGNE (Tony VOLLARD), Sophie BAYLE & Cécile FRÉCHOU (Babette VOLLARD), Laura CALLIGRAFI (Virginie), Benoît BOIVIN (FAUCHE), Coralie GÉRÉ (TOURMAKOFF), Adeline COLOMB (Maria TOURMAKOFF), Camille EZAN & Cécile GAVET (Lucie & Vénus), Claude MONIN & Pascale WURMSER (Madame DIANE), Agnès LANDA & Bernadette DUMONT (Gladys),

mise en scène
ODRI K.

son & lumière
Didier LE GRALL

régie : Enzo BODO

maquillage
Chloé BRIAND
Véronique REINA

costumes
Joséphine LE GRALL

décor et accessoires
Alain LAVIT
Hélène MASRIERA

Ubu Roi

Comédie grand-guignolesque

de Alfred JARRY
Ubu Roi, Alfred JARRY


Comédie grand-guignolesque
de Alfred JARRY

"Le pouvoir nous laisse tels que nous sommes et ne grandit que les grands." Honoré de BALZAC

Alfred Jarry (1873-1907) est le créateur de la 'PATAPHYSIQUE qu’il décrit comme "la science des solutions imaginaires qui accepte linéament les propriétés des objets décrits par leur virtualité" (SIC!)
Il s’agit, pour le 'pataphysicien, de chercher à théoriser la déconstruction du réel et sa reconstruction dans l’absurde. Le 'pataphysicien observe le monde de manière particulière: par exemple, au lieu d’énoncer la loi de la chute des corps vers un centre (gravité terrestre), il préfère celle de l’ascension du vide vers une périphérie (légèreté astrale). En parodiant la théorie et les méthodes de la science moderne, la 'Pataphysique se veut la science du particulier, la science de l’exception.
Alfred Jarry décrit cette "science" dans son roman GESTES ET OPINIONS DU DOCTEUR FAUSTROLL'PATAPHYSICIEN, écrit en 1898 (paru en 1911) et applique les principes dans sa pièce de théâtre UBU ROI (1896), entre autres.

Le DÉCERVELAGE est la forme cérémonielle du massacre. Décerveler est l’activité essentielle du Père Ubu, assisté de ses Palotins.
Les Palotins ont pour tâche, d’approvisionner et d’entretenir la machine à Décerveler qui "d’un coup fend le crâne et d’un autre, soudain fait sauter la cervelle»

"MERDRE!" C’est l’interjection qui ouvre UBU ROI; elle résume le scandale mémorable causé par la pièce; elle propulsa Jarry vers la gloire… En 1895, la censure laissa passer la chanson de Décervelage, à condition que la "gigantesque merdRe" fût revenue à son orthographe première!

Durant sa courte vie (33ans), Alfred Jarry s’évertua à vivre en 'pataphysicien, délaissant les biens matériels (sauf livres, revues, dessins, peintures qu’il avait en abondance), au profit des nourritures plus spirituelles (poésie, littérature, dessin), plus "alcoholisées" (ce qui nuira gravement à sa santé) et de divers plaisirs simples comme la bicyclette, la pêche à la ligne et l’utilisation quotidienne de l’humour.

Quelques faits et gestes du pataphysicien Alfred Jarry:
(textes "piochés" dans : JARRY EN YMAGES ed. le Promeneur)

En 1897, il emménagea dans le dernier de ses domiciles, au n°7 de la rue cassette, Paris. Son propriétaire logeait au 2ème étage et fabriquait des ornements sacerdotaux. Jarry disait habiter "la grande Chasublerie, au 2ème étage et demi". Le propriétaire avait scindé en deux dans le sens horizontal, son appartement (très haut de plafond) "en vue d’une plus efficace exploitation". La partie supérieure, louée à Jarry comptait 1m65 sous plafond… Alfred Jarry mesurait 1m62!

Les commodités de la Grande Chasublerie. Jarry avait relié la chasse d’eau des toilettes au cordon de la porte d’entrée. Ainsi, lorsque ses invités tiraient sur le cordon, croyant actionner la cloche, ils actionnaient la chasse d’eau !

Quoique Jarry ait pratiqué le canotage et la pêche à la ligne, il ne fit de l’eau qu’un usage externe. Pour l’usage interne, il fut aquaphobe, définissant l’eau comme "un liquide dissolvant et corrosif qu’on a choisit entre toutes les substances pour les ablutions et lessives et qu’une goutte versée dans un liquide pur, l’absinthe par exemple, le trouble". Il abusa d’alcool ce qui, comme pour son ami Toulouse-Lautrec, contribua à écourter sa vie.

Longtemps après la disparition d’Alfred Jarry, la 'Pataphysique fut défendue par d’éminents adeptes. Boris Vian exposa "qu’un des principes fondamentaux de la 'Pataphysique est l’équivalence. C’est peut-être ce qui explique ce refus que nous (les 'pataphysiciens) manifestons de ce qui est sérieux, de ce qui ne l’est pas, puisque pour nous, c’est exactement la même chose, c’est 'pataphysique."
En 1948, le Collège de 'Pataphysique ouvrit ses portes et eut une activité jusqu’en 1975. Il ouvre à nouveau en 2000.

Le Collège de 'Pataphysique fonctionne avec ses blasons, sa propre hiérarchie et son calendrier: 12 mois de 28 jours, 1 mois de 29 jours et un 29ème jour ajouté à l’un des 12 mois, les années bissextiles. La plupart des jours célèbrent un événement ou un saint 'pataphysicien, certains jours ne célèbrent rien ni personne…

Quelques pataphysiciens célèbres : Boris Vian, Léon Paul Fargue, James Joyce, André Gide, Antonin Artaud, Erik Satie, Fernando Arrabal, Marcel Duchamp, Max Ernst, Joan Miro, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Man Ray, Siné, Umberto Eco…

La 'Pataphysique a inspiré les surréalistes, le théâtre de l’absurde (Eugène Ionesco…).

Avec les comédiens adultes de la troupe 2012 : Éric VEILLÉ (Père Ubu), Coralie GÉRÉ & May DAURIAC(la Mère Ubu), Annick ROGIER & Agnès LANDA (Gironde), Adeline COLOMB & Sophie BAYLE (Pile), Cécile ILGART & Céline FRÉCHOU (Cotice), Antoine DROUART (le Roi Venceslas + le Czar Alexis), Sophie RISMONT & Claude MONIN (la Reine Rosemonde), Benoît BOIVIN & Nicolas OHAYON (Bougrelas), Élisabeth ARAUJO & Pascale WURMSER (Cunégonde), Fabien LEBORGNE (Capitaine Bordure)

Avec les comédiens adultes de la troupe 2005 : Frédéric Bras, Olivier Buisson, Didier Coupez, Laurent Danière, Guillaume Halm, Xavier Reif, Isabel Gomes, Yasmine Mendili, Florence Robillard, Assieh Salimi Pak

mise en scène
ODRI K.

son & lumière
Didier LE GRALL

maquillage
Élodie MARTIN
Chloé BRIAND
Véronique REINA

costumes
Joséphine LE GRALL

décor et accessoires
Alain LAVIT
Hélène MASRIERA

Le théâtre ambulant Chopalovitch

Combat lyrique et balkanique en 9 tableaux

de Lioubomir SIMOVITCH
Le théâtre ambulant Chopalovitch, Lioubomir SIMOVITCH

Combat lyrique et balkanique en 9 tableaux
de Lioubomir SIMOVITCH

"L'art et rien que l'art. Nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité."
Friedrich Nietzsche

LA PIÈCE : En 1942, la troupe du théâtre CHOPALOVITCH tente de faire son métier sur les routes de la Serbie occupée par l'Allemagne nazie. C'est à Uzice (Oujitsé) que les quatre comédiens font escale pour y jouer le drame "LES BRIGANDS" de Friedrich Schiller. Mais les villageois voient cette diversion d'un mauvais œil. En effet, des actions de Résistance sont en cours et les Partisans craignent que ces saltimbanques ne fassent échouer leur plan.

Entre comédie et drame, Ljubomir Simovic décrit un combat entre la fiction et la réalité. La tragédie de Schiller et celle des habitants de Uzice se rejoignent dans le drame de la réalité, mêlant habilement les influences des uns sur les autres et donnant au poète une véritable place dans la société, être celui qui sauve les âmes, qui fait triompher la poésie sur l'ignorance et la barbarie, au prix, parfois, du sacrifice.

RAPPEL HISTORIQUE /YOUGOSLAVIE : Au début de 1941, la Yougoslavie est mise en demeure par Hitler d'adhérer au pacte tripartite (Allemagne, Italie, Japon). Sitôt le pacte accepté, elle est envahie par l'Allemagne. Un état Serbe et un état Croate conservent leur "indépendance", sous l'autorité d'un général, sous contrôle allemand. La résistance à l'occupation ennemie commence dès le printemps 1941 en Vieille Serbie. Uzice (Oujitsé), petite ville entourée de montagnes, devient alors le fief d'une des divisions, les Partisans, communistes et antifascistes, conduits par Tito. Tito crée l'Armée Nationale de Libération Yougoslave et en 1944, il bénéficie du soutien des Alliés. Le roi Pierre II, réfugié à Londres, le reconnaît comme chef de la résistance. Les accords de Yalta préparent le compromis de mars 1945 qui fait de Tito le Premier Ministre d'un gouvernement royal. Les éléctions du 11 novembre 1945 accordent à la liste unique du Front Populaire, 90% des suffrages. Fin novembre, la monarchie est abolie et la République populaire fédérale de Yougoslavie proclamée…

Friedrich von SCHILLER : Poète et dramaturge allemand (1759-1805). Influencé par Gœthe et Kant, il donna à ses premiers élans libertaires une forme classique, caractéristique d'un idéalisme esthétique, politique et moral dont témoignent ses poèmes (Ballades, 1798; le Chant de la cloche, 1800) et ses grands drames historiques (Les Brigands, 1782; Don Carlos, 1787; Marie Stuart, 1800; Guillaume Tell, 1804). Son Hymne à la joie (1785) a été repris par Beethoven dans la 9ème symphonie. Il réforma le théâtre, et ses théories dramatiques influencèrent les écrivains romantiques français.

Ljubomir SIMOVIC (Lioubomir SIMOVITCH) est un poète et dramaturge reconnu dans son pays. Il est né le 2 décembre 1935 à Uzice, en Serbie et vit actuellement à Beograd (Belgrade).

Avec les comédiens adultes de la troupe: Adeline COLOMB (Dara), Emmanuelle DARMON (Simca Adjitch), May DAURIAC (Sofia Soubotich), Antoine DROUART (Le Broyeur), Coralie GÉRÉ (Vassilia Chopalovitch), Agnès LANDA (Elizabet Protitch), Fabien LEBORGNE (Filip Ternavatz), Anne PLAZANET (Gina Babitch), Hélène QUÉRÉ (Tomania), Éric VEILLÉ (Blagoyé Babitch)et la voix de Jérôme FAUVEL (Maïtsen).

mise en scène
traduction & adaptation
ODRI K.

son & lumière
Didier LE GRALL

maquillage
Chloé BRIAND

costumes
Joséphine LE GRALL

décor et accessoires
Alain LAVIT
Hélène MASRIERA

 

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